Association des Amis de Guillaume Apollinaire

Inauguration du nouveau musée Apollinaire le 5 avril 2002
Abbaye de Stavelot

“Il y a des murs nus qui méritent les galères
Il y a des murs tout rouges de ton sang et froids
Il y a la photo de Mareye et un tableau de Marie
Il y a un acrostiche en wallon
Il y a un encrier fait dans une fusée de 15 centimètres
Il y a une table, des chaises, des livres et des voix
Il y a la belle musique de Raymond Micha
Il y a des perles de l'Amblève
Il y a mille images d'un Orphée amoureux et tué par les femmes
Il y a tant d'amis qui sont morts au loin
Il y a la fenêtre qui s'ouvre comme une orange le beau fruit de la lumière
Il y a le soir qui descend sur les ruines légendaires”

Un musée et un espace. Homme venu d'une terre étrangère, Apollinaire aurait reconnu celui-ci. Il disait : “J'aime l'Art d'aujourd'hui parce que j'aime avant tout la Lumière et tous les hommes aiment avant tout la Lumière. Ils ont inventé le Feu.” Dans cet espace, demain, les visiteurs pourront, allumer le brasier de la poésie et de l'écriture.

Le musée fut inauguré. Sans doute le poète aurait-il aimé entendre le comédien dire ses textes, salué l'émotion du public, souri des références historiques hasardeuses et écouté les mots de Jean Cocteau, son frère, son autre, roi de la poésie comme lui avec lequel il parlait “de tous les dieux leurs sujets” :

“Guillaume Apollinaire forme au ciel des lettres une voie lactée mystérieuse [...]. Il est dans cette chambre secrète des navires de guerre, l'homme qui échappe aux règles, bricole et invente les méthodes artisanales qui facilitent la tâche de l'équipage. Apollinaire laissait son rêve couler du porte-plume et son encre étoiler la page blanche. Apollinaire est un troubadour qui chante et a vaincu l'histoire par la légende.”

C'est à Stavelot, parmi le tan et le plantain, dans les sentes qui conduisent à la Pierre du Diable ou qui mènent aux fagnes de Wallonie qu'il a forgé les premières armes de cette victoire avant d'être contraint à une pauvre fuite dont la forêt d'Ardenne fut la complice. Plus tard, flânant entre deux rives, il se souvint et dit : “Les hommes ne se séparent jamais de rien sans regret, et même les lieux, les choses et les gens qui les rendirent les plus malheureux, ils ne les abandonnent point sans douleur.”

L'histoire de Guillaume Apollinaire appartient toujours à l'avenir.

Le musée fut inauguré.

L'espace vous attend.

P. Lefebvre


Discours d'inauguration de Joseph Tollet, président de l'AIAGA.

Discours d'inauguration de Claude Debon, membre du Conseil d'administration de l'AIAGA, professeur émérite de la Sorbonne


bouton_retourAssociation des Amis d'Apollinaire

bouton_accueilAccueil